Visite officielle du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, au Canada et 17ème rencontre alternée des premiers ministres français et québécois 13 au 16 mars 2013

Allocution de Jean-Marc Ayrault lors du dîner d’affaires organisé par la Chambre de commerce française au Canada - bureau de Montréal - en partenariat avec le Conseil des Relations internationales de Montréal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et le soutien du Consulat général de France à Montréal.

JPEGPhoto : Matignon

Madame la Première ministre, mesdames messieurs les ministres, monsieur le délégué général, monsieur l’ambassadeur, messieurs les consuls généraux, monsieur le président de la Chambre de Commerce, distingués invités et chers amis, c’est la 3ème fois que je viens au Québec, j’y suis venu déjà 2 fois comme maire de Nantes, une première fois à Montréal puis à Québec avec mon épouse qui m’accompagnait et comme aujourd’hui. Là, j’étais venu pour un projet de musée et comme vous avez ce talent des musées et, en particulier, les musées des civilisations, je suis venu et j’ai beaucoup appris et ça m’a aidé pour des décisions que je vais prendre ensuite. Et puis une 2ème fois, je suis venu pour un festival bien connu, "Juste pour rire", et je salue d’ailleurs Gilbert Rozon…

Et puis ensuite avec ma femme, nous avions décidé de prolonger par un séjour privé dans votre beau pays. Et là aujourd’hui, je viens dans d’autres fonctions, et je viens comme Premier ministre de la République française, c’est pour moi un honneur mesdames et messieurs, madame la Première ministre de m’exprimer devant une assemblée si prestigieuse. Honoré mais aussi très heureux, car d’abord un plaisir et une émotion particulière d’être ici, au Québec. C’est toute la spécificité de notre relation directe et privilégiée, celle qui nous place d’emblée en terrain familier, en terrain amical comme viennent de le montrer les paroles si chaleureuses de Pauline Marois que je remercie du fond du cœur, et que je suis très heureux de retrouver ici, à Montréal, dans votre beau pays du Québec, et que j’avais eu l’honneur et le plaisir de rencontrer à l’Hôtel Matignon qui est le siège du gouvernement, du Premier ministre. Merci pour vos propos, chère madame la Première ministre.
Et puis je voudrais également remercier chaleureusement la Chambre de Commerce française au Canada. C’est elle qui a organisé cet événement, parmi les personnalités qui sont présentes, je ne les citerai pas toutes, je voudrais citer le maire de la ville de Montréal Michaël Applebaum, ainsi que deux anciens Premier ministre du Québec : Lucien Bouchard et Pierre-Marc Johnson.

Pauline Marois et moi-même, nous avons tenus à vous rencontrer ce soir, vous, mesdames messieurs les entrepreneurs québécois et français. A l’occasion de notre traditionnelle rencontre alternée, il s’agit de la 17ème rencontre franco-québécoise, c’est l’occasion pour nous ce soir de marquer l’importance de la dimension économique de nos relations. Et quel meilleur endroit pour manifester cette volonté que de le faire ici, à Montréal, symbole du dynamisme économique du Québec, Montréal qui est aussi la 2ème ville du Canada et qui est la première métropole hors de France francophone. Et ça, je tenais particulièrement à le saluer et vous dire que je me réjouis de la densité exceptionnelle de nos échanges économiques. Cette densité exceptionnelle est à la mesure de la relation particulière entre le Québec et la France. Et votre présence si nombreuse ce soir en est un éclatant témoignage. Et j’ai tenu pour cette visite à être accompagné par plusieurs membres du gouvernement, je voudrais vous les présenter. D’abord Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement durable, de l’Energie et des Transports, elle va se lever et vous allez la voir.

Valérie Fourneyron qui est ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative.

Yamina Benguigui qui est ministre de la Francophonie.

Et puis Benoît Hamon qui est ministre de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation.

Et la délégation est enrichie aussi par la présence de 4 députés et de 2 sénateurs, mais aussi de très nombreux chefs d’entreprise, de grandes et de petites entreprises qui ont tenu à répondre à mon invitation ou qui, de leur propre initiative, ont souhaité être présents à l’occasion de ce déplacement et qui sont présents ce soir et que je remercie vraiment chaleureusement de leur présence. Parce que vous savez, le Québec attire près de la moitié de nos exportations vers le Canada, à hauteur de1 milliard 700 millions d’euros en 2012. Mais le Québec est surtout pour les entreprises françaises une terre d’investissement. 400 d’entre-elles y sont implantées, dont 260 ici, à Montréal. La France est ainsi le second investisseur au Québec après les Etats-Unis, que nous avons d’ailleurs devancés pour la première fois en 2011. Nos entreprises ont bénéficié de l’expertise des relais français présents au Québec, mais aussi madame la Première ministre de vos institutions, de leur soutien. Je pense à Investissement Québec, à Montréal International, à Québec International, merci de cette efficacité, de ce soutien à nos entreprises. Et puis en sens inverse, les entreprises québécoises continuent d’investir en France, où elles représentent en moyenne – sur la période 2006-2012 – un peu plus de 60 % des projets d’investissements canadiens, avec le soutien actif de l’Agence française des investissements internationaux dont le président est parmi nous ce soir.

Mesdames, messieurs nous disposons donc, vous le mesurez, d’un socle solide sur lequel il faut maintenant construire davantage. Le développement de nos échanges économiques est en effet une nécessité par rapport à la crise, qui depuis 2007 a fait chanceler les bourses, ébranler notre système financier, ébranler les Etats eux-mêmes et puis plonger des millions de familles dans la pauvreté ou la précarité. C’est donc notre responsabilité de relever ce défi de la croissance, et aller la chercher partout où elle existe, où elle est possible, où on peut l’encourager. Et pour retrouver une croissance robuste, nous devons compter autant sur la demande intérieure de chacun de nos pays que sur nos capacités exportatrices. Car développer nos échanges commerciaux, c’est redonner à nos entreprises un horizon, c’est redonner à nos entreprises des raisons d’investir, d’innover, d’embaucher. Or le Québec et la France peuvent s’ouvrir mutuellement les portes de deux marchés très vastes de dimension continentale.

Alors vous le voyez, notre ambition est donc très claire, et pour l’atteindre il nous faut agir et agir dans trois directions que je vous propose. La première, c’est ce que nous devons faire chacun pour notre propre compte, pour redonner confiance de manière durable dans notre potentiel de croissance. C’est en tout cas la priorité de mon gouvernement. Le retour de la confiance passe d’abord par le redressement de nos comptes publics, je parle des comptes publics français. Le déficit budgétaire français était supérieur à 5 %, près de 6 % d’ailleurs en 2011. Et dès ma prise de fonction, c’était le 15 mai, nous avons préparé une loi de finance rectificative, qui a été votée au mois de juillet par le Parlement, pour ramener ce déficit en quelques jours à 4,5 %, c’était pour l’année 2012. Et notre effort doit se poursuivre, il doit s’intensifier avec une réduction de 2 % de notre déficit structurel qui est déjà intervenu. Et e le dis pour ceux qui doutent et qui ont besoin d’être informés, cet effort considérable est sans précédent, eh bien ! Nous sommes déterminés, c’est la mission que j’ai reçue du président de la République, c’est avec mon gouvernement, avec le soutien de ma majorité d’atteindre l’équilibre des comptes publics à la fin du mandat du président de la République, c’est-à-dire en 2017. Et donc, l’effort sera poursuivi. Nous le faisons non pas parce que nous sommes… comment dire, marqués par une sorte d’idéal qui serait 0 déficit, ce n’est pas un idéal, c’est une nécessité. Et pour nous Français, c’est tout simplement pour regagner des marges de manœuvre et défendre notre propre souveraineté, et décider par nous-mêmes et de ne pas nous laisser dicter notre conduite par les marchés qui diraient ce qu’il faut faire ou ne pas faire, nous le faisons parce que nous défendons les intérêts de notre pays.

Et puis redonner confiance, c’est aussi rassurer – et là je m’adresse à vous tous – sur l’avenir de la zone euro elle-même. Les mesures que nous avons prises au sein de l’Union européenne, économiques et monétaires, pour en améliorer la gouvernance et c’était nécessaire, pour renforcer aussi la solidarité entre les Etats membres de cette zone monétaire, ont permis d’arrêter les tensions qui prévalaient il y a moins d’un an. Et donc, nous avons avancé avec nos partenaires européens sur une voie d’une intégration plus solidaire, plus importante. Intégration solidaire c’est l’expression du président François Hollande.

Et notre objectif désormais c’est de traduire cette évolution positive dans la durée, et aussi de consolider ce qui a été entrepris, je pense aux règlements même dans la douleur, il faut bien le dire, pour le peuple grec de la situation de la Grèce, comme nous l’avons fait aussi par solidarité pour aider l’Irlande à s’en sortir. Et c’est vrai que ces pays font beaucoup d’efforts. Mais aujourd’hui ce qui est important, c’est que cette évolution positive se poursuive dans le niveau de l’activité économique. Et notre indispensable effort de maîtrise des comptes publics doit tenir compte aussi de cette nécessité de créer les conditions de la croissance. Et pour ça, je dois dire aussi que redonner confiance c’est aussi restaurer la compétitivité des entreprises, et d’abord des entreprises françaises ; et c’est aussi renforcer l’attractivité du territoire national français. Car dans l’environnement mondial qui est le nôtre, c’est-à-dire le nouveau monde dans lequel nous vivons désormais, c’est-à-dire ce monde qui nous est commun, caractérisé par la mobilité croissante du capital et des talents, et je l’ai vu encore ces derniers jours, la France doit consolider sa propre place de leader européen pour les investissements directs étrangers, parce que c’est la situation de la France.

La France est… on ne le sait pas assez, et même les Français ne le savent pas assez que c’est nous en Europe, la France, qui sommes le premier pays destinataire des investissements étrangers, avant tous les autres pays. Eh bien ! Cette place de leader européen des investissements étrangers, il faut en effet la consolider. Et là aussi, nous disposons d’une base solide, nous ne partons pas de rien, la France est une terre d’accueil, elle est reconnue pour les investissements avec 20.000 entreprises étrangères sur son sol, et 700 décisions nouvelles d’investissements étrangers créateurs d’emplois chaque année. Eh bien ! Il faut faire davantage. C’est pourquoi j’ai fixé un objectif, 1.000 décisions d’investissements par an d’ici 2017, 300 nouvelles entreprises étrangères sur le territoire français chaque année. Voilà, c’est un effort supplémentaire que nous ferons et je suis sûr que nous réussirons, parce que pour atteindre ces objectifs ambitieux, mon gouvernement a adopté au mois de novembre dernier un pacte qui est le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, et il est désormais en vigueur. Il est composé de 35 mesures, d’abord la première mesure c’est celle qui consiste à diminuer le coût du travail, c’est un effort sans précédent que nous avons demandé au budget de la France et que les parlementaires dans leur majorité ont soutenu, qui permette de réduire de 20 milliards d’euros le coût du travail, c’est-à-dire 4 % cette année, 2 % supplémentaires l’année prochaine, c’est-à-dire en 2 ans -6 %, c’est considérable. Avec un engagement aussi de stabiliser notre dispositif fiscal pour les entreprises, nos dispositifs réglementaires pendant 5 ans, ne pas changer toujours les règles qui déstabilisent et qui inquiètent. Et de préserver un atout qui est très particulier à la France et qui intéresse beaucoup notamment les petites et moyennes entreprises… le crédit impôt recherche, dont l’efficacité pour stimuler l’innovation a fait ses preuves. Je le dis, 35 mesures qui simplifient les démarches administratives, qui encouragent l’installation en France d’entreprises talentueuses et qui, bien sûr, soutiennent les entreprises françaises.

Renouer avec la confiance, restaurer notre compétitivité, ça ne peut pas se faire non plus… et vous l’avez évoqué madame la Première ministre et je partage les valeurs qui animent votre action, c’est aussi redonner toute sa place au dialogue social dans notre pays, la France. Parce que rien n’est possible si les efforts ne sont pas équitablement répartis, si au bout du compte lorsqu’on améliore la compétitivité, les travailleurs ne trouvent pas aussi une réponse positive pour l’emploi, pour leur parcours professionnel. Eh bien ! Pour y parvenir, mon gouvernement dès son installation a voulu rénover la démocratie sociale, renforcer le dialogue social. Et nous avons fixé les feuilles de routes, et les organisations patronales et syndicales ont négocié plusieurs accords. Le plus important, c’est l’accord sur le marché du travail que nous appelons « l’accord sur la sécurisation de l’emploi » qui a été signé par une majorité de partenaires sociaux en janvier, et que le Parlement français devra transcrire dans la loi dans quelques jours. C’est un exemple concret de ce qu’on peut faire, on peut réformer, il faut réformer mais si on veut être efficace et réussir, alors encourageons le dialogue, encourageons la négociation, encourageons la recherche de compromis. C’est la bonne méthode, c’est la bonne voie, en tout cas nous avons pu le faire. Ça veut donc dire que la France est capable de se réformer pour ceux qui en auraient douté. En tout cas, cet accord permet de concilier la sécurisation des parcours professionnels qui est une attente très anciennes des organisations syndicales de salariés, mais aussi de préserver la compétitivité accrue des entreprises, de les aider à faire face à des mutations, des réorganisations. Donc c’est un accord équilibré, on va dire donnant – donnant, d’autres diraient gagnant – gagnant. Sur tous ces sujets, mesdames et messieurs, que je viens d’évoquer, je suis frappé par la similitude des défis auxquels nous faisons face, je dis bien nous faisons face. Mais je sais aussi la détermination de nos deux gouvernements à les affronter sans hésitation.

La deuxième direction – là j’avais parlé seulement d’une seule, pardon d’être un peu long – que nous devons suivre pour intensifier nos échanges, c’est la perspective de l’accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le Canada. Vous l’avez évoqué aussi, madame la Première ministre, je le dis clairement, la France soutient la finalisation rapide des négociations en cours. Je crois sincèrement qu’un accord ambitieux et équilibré est possible, et s’il est atteint il engendrera des bénéfices significatifs pour nos économies et pour l’emploi. Il y a encore du travail à faire pour préserver un certain nombre de principes, et c’est normal, il y a des intérêts à défendre, des principes et des valeurs aussi. Mais si nous y parvenons, eh bien ! Les experts – et je crois que là, ils sont même assez prudents – évoquent une hausse potentielle au minimum de 20 % d’augmentation de nos échanges, 20 %, peut-être même plus. Donc ça vaut la peine, et chacun y trouvera son compte. L’implication des provinces doit rester forte pour résoudre les questions encore en suspens dans cette négociation. Et nous devons y veiller nous, les Français, les Québécois à ce qu’il préserve aussi la diversité des expressions culturelles, nous y sommes attachés. Et je le dis, il ne pourra pas y avoir d’accord – et c’est la négociation qui est conduite par la Commission européenne, et le gouvernement français y veille, et je sais que le gouvernement québécois y est très attentif – il ne pourra pas y avoir d’accord si cette exception culturelle n’est pas préservée. Mais je suis sûr que nous y parviendrons.

En tout cas si l’accord aboutit, je souhaite que nous puissions promouvoir conjointement le contenu auprès des entrepreneurs de nos pays, les entrepreneurs du Québec comme les entrepreneurs français. Car c’est la capacité des entreprises à en tirer le meilleur bénéfice qui en fera le véritable succès, c’est une évidence. Et cette étape mesdames messieurs, et je m’adresse à vous les chefs d’entreprise, c’est maintenant, avant même la conclusion d’accord qu’il faut le préparer.

Enfin la troisième direction, vous voyez je suis plus court déjà sur la deuxième, et la troisième j’essaierai d’être encore plus court, que nous devons suivre, c’est le renforcement de toutes nos coopérations bilatérales avec la pleine mobilisation de nos entreprises. Je pense d’abord à notre partenariat en matières économique et industriel, illustrés par la rénovation du métro de Montréal, par l’association d’Aeroloia avec Bombardier, par l’engagement d’Almerys dans le projet pilote de coffre-fort numérique, ou encore par l’implantation d’un important laboratoire de Thales à Québec et ce partenariat, il faut l’élargir à d’autres secteurs d’avenir. Je me réjouis à cet égard de l’amorce d’un dialogue franco-québécois dans le secteur de l’innovation, à l’occasion de la conférence internationale C2-MTL, commerce et créativité de Montréal à laquelle Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances qui malheureusement n’a pas pu être parmi nous aujourd’hui parce qu’il est à la réunion de l’Eurogroupe, participera en juin prochain.

Le développement nordique est un autre chantier prometteur, et nos entreprises y sont disposées pour apporter tout leur savoir-faire, en particulier dans les secteurs de la valorisation des sites miniers, de la couverture numérique ou des infrastructures. Je pense aussi bien sûr à la transition écologique, et vous n’êtes pas sans… vous être très avancés dans ce domaine. Je pense aux technologies propres, je pense aux énergies renouvelables, je pense aux véhicules du futur, tout cela nécessite un soutien renforcé aux pôles de compétitivité, aux créneaux d’excellence ainsi qu’à d’autres intervenants de premier plan. Nous devons encourager les initiatives des sociétés civiles qui sont nombreuses, et je veux citer parmi d’autres le Fonds franco-québécois de coopération décentralisée, dont la vitalité permet de développer des projets entre acteurs régionaux français et québécois. Je souhaite qu’il contribue au développement de l’économie sociale et solidaire, qui est aussi un autre chantier prometteur et nous en reparlerons demain. Nos ministres en charge de ce secteur – et j’ai cité Benoît Hamon – signeront pour la France demain une entente qui ouvre la voie à des échanges que j’espère féconds.

Voilà encore une communauté d’expériences qui est très spécifique au Québec et à la France, et il faut donc la faire fructifier. Et les ressources humaines sont également un atout maître de notre partenariat qu’il faut absolument renforcer. La France et le Québec peuvent s’enorgueillir de leur système d’enseignement, il faut toujours les améliorer, c’est vrai pour la France en tout cas, mais aussi de recherche dont nos entreprises peuvent tirer un grand bénéfice. La présence de plus de 10.000 étudiants français au Québec comme la mobilité des jeunes professionnels sont une chance formidable pour nos deux économies. Et parmi les provinces canadiennes, le Québec sera d’ailleurs le premier bénéficiaire de l’amélioration de l’accord franco-canadien que nous avons signé, que madame Fourneyron a signé hier en matière de mobilité.
Enfin, je me réjouis de la participation d’entreprises françaises à l’activité de chaire industrielle implantées dans plusieurs universités du Québec. Et puis je ne voudrais pas terminer mon propos sans évoquer à nouveau le rôle éminent des petites et moyennes entreprises, je les ai d’ailleurs souhaitées nombreuses dans ma délégation, elles sont l’avenir de notre relation. Je ne les oppose pas aux grands groupes, dans le pacte national de compétitivité pour la croissance et l’emploi que j’ai évoqué. Il y a parmi les 35 mesures justement une mesure qui conduit à demander aux grands groupes de s’intéresser à leurs sous-traitants et d’organiser avec eu des coopérations, à la fois pour l’innovation mais aussi l’action commerciale à l’extérieur, et ça c’est déjà commencé. Et quand c’est fait, ça marche et certaines entreprises qui sont là, des PME, me l’ont dit, lorsque c’est fait c’est extrêmement efficace.

En tout cas ces PME, comme on dit, sont l’avenir de notre relation, notamment dans des secteurs comme les technologies de l’information, de la communication ou encore des transports. Ce n’est pas une découverte, comme en témoigne la convention Ubifrance, Québec Export qui a été mis en place au temps de la révolution tranquille, et qui apporte depuis près de 50 ans un soutien paritaire à des dizaines de PME chaque année. Mais il faut passer à une autre échelle, nous pourrons nous appuyer pour cela sur la création de votre banque de développement économique, et qui me fait penser à ce que nous venons de créer en France, qui est la Banque publique d’investissement. Ça m’y fait penser, mais c’est la même démarche, c’est pour ça que je disais tout à l’heure que nous étions animés par des valeurs et des préoccupations très proches. Elles auront des missions similaires au service des PME dans toute leur diversité et de leur insertion dans l’économie mondiale. Eh bien ! J’espère que ces deux institutions pourront travailler ensemble.

Mais vous l’avez dit madame la Première ministre, je sais que ça sera le cas. Mais le soutien aux PME, ce n’est pas que l’affaire des gouvernements, et je salue le projet de charte du Mentorat entrepreneurial initié par la fondation québécoise Entrepreneur Ship et l’institut français du Mentorat entrepreneurial. Vous voyez, la société civile est très active et très innovante et très (je dirai) inventive, et je tenais à le saluer.

Mesdames, messieurs, je termine, vous avez faim ? Mais l’entrée était parfaite, il y a 15 ans, mon prédécesseur Lionel Jospin se réjouissait devant les entrepreneurs québécois, il y a 15 ans, de la maturité nouvelle de notre partenariat économique. Eh bien ! C’est un acquis considérable, mais il ne faut pas – et je l’ai dit tout au long de cette intervention – nous contenter du chemin parcouru. Il faut dynamiser nos échanges économiques, c’est un impératif pour sortir de la crise, donner des perspectives à nos concitoyens. Et s’agissant de la France et du Québec, c’est aussi bien davantage, c’est contribuer à l’élan de notre relation singulière, précieuse au cœur des Français comme elle l’est (je sais) au cœur des Québécois. C’est cette ambition qui anime mon gouvernement, qui me passionne et qui passionne tous ceux qui m’accompagnent : les ministres, les parlementaires, les chefs d’entreprises qui savent qu’il se passe toujours quelque chose quand les Québécois et les Français se rencontrent. Je sais que vous partagez ces sentiments, et je sais qu’ensemble nous ferons progresser l’amitié franco-québécoise dans l’intérêt de nos populations, parce que c’est notre devoir mais c’est aussi (je dirai) notre ambition et notre passion. Merci à chacune et chacun d’entre vous.

Dernière modification : 13/05/2013

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