Festival TransAmériques de Montréal

Dans le cadre de la 7ème édition du festival TransAmériques à Montréal, du mercredi 22 mai au samedi 8 juin, nous avons le plaisir d’accueillir trois grands artistes, les danseurs et chorégraphes Xavier Leroy et Boris Charmatz ainsi que l’homme de théatre Joël Pommerat.

« Le Sacre du Printemps » de Xavier Leroy à l’Agora de la Danse (du lundi 27 au mercredi 29 mai) et la rencontre avec Xavier Leroy et la revue Liberté à Agora de l’UQAM (Mercredi 29 mai à 12h30)

Né en 1963, Xavier Le Roy bascule de manière imprévue de la biologie à la danse à l’âge de 27 ans. Formé entre Montpellier et Paris, il navigue dès les années 1990 entre la France et l’Allemagne pour des collaborations tous azimuts et des spectacles qu’il conçoit comme des expériences à partager. Entre 1996 et 2003, il est artiste en résidence au Podewil et au TanzWerkstatt de Berlin. Inscrit dans le courant des nouvelles formes chorégraphiques des années 1990, il est l’un des premiers à s’intéresser au mouvement au-delà de la danse, s’ingéniant à la déconstruction des formes et du spectacle : métamorphoses improbables (Self Unfinished, 1998), récit de son parcours professionnel (Produit de circonstances, 1999), de la réalisation de l’œuvre (Produit d’autres circonstances, 2009), orchestre chorégraphique (Mouvements für Lachenmann, 2005) ou danse de maestro dans Le sacre du printemps, créé en 2007 alors qu’il est artiste associé du Centre national chorégraphique de Montpellier.

Homme de collaborations, il entreprend régulièrement des recherches explorant les modes de production et les questions constitutives du travail de groupe, rassemblant artistes et théoriciens de tous bords dans les projets E.X.T.E.N.S.I.O.N.S (1999-2001) et 6 Mois 1 Lieu (2008). Performeur, concepteur, chorégraphe et enseignant, il a travaillé avec des artistes de renom, mis en scène un opéra et dirigé 40 enfants pour un projet pédagogique. Entre autres.

Xavier Leroy

Le Sacre du Printemps

« Levée des conflits » de Boris Charmatz au Théâtre Jean Duceppe (jeudi 30 et vendredi 31 mai à 20h) et l’entretien avec Boris Charmatz à l’Agora de l’Uqam (vendredi 31 mai à 12h30)

Âgé de 40 ans, Boris Charmatz est l’une des figures emblématiques de la danse conceptuelle. Danseur aventureux, pédagogue allumé, chercheur invétéré et chorégraphe iconoclaste, il développe une vision élargie de son art, allant jusqu’à transformer le Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, qu’il dirige depuis 2009, en Musée de la danse. Dans cet espace d’expérimentation bouillonnant se croisent toutes sortes de publics aux côtés d’intellectuels pour ouvrir toujours plus les perspectives sur la danse.

Issu de grandes écoles de danse et de musique, il débute comme danseur chez Régine Chopinot, puis Odile Duboc, dont la démarche expérimentale l’inspire de façon décisive. Il a à peine 20 ans quand il fonde l’association edna avec Dimitri Chamblas et signe ses premières créations. On a vu trois de ses nombreuses œuvres à Montréal : Aatt enen tionon (1997), livrée en silence par des danseurs déculottés sur un échafaudage, Con forts fleuve (2001), dansée en partie dans le noir, et héâtre-élévision (2003), installation pour un spectateur allongé sur un piano. Il a déjoué les règles de bien d’autres façons, dans La danseuse malade (2008) où il revisite le butô ; régi, avec Raimund Hoghe ; ou encore, dans trois projets autour de Merce Cunningham. Artiste associé au Festival d’Avignon en 2011, il y a créé enfant avec 26 enfants et neuf danseurs professionnels, et présenté Levée des conflits avec 24 interprètes. Auteur de deux ouvrages, il a monté notamment le projet Bocal, école nomade et éphémère, à l’occasion d’une résidence au Centre national de la danse.

Le Musée de la Danse

"La Grande et fabuleuse histoire du commerce" de Joël Pommerat à la Maison Théâtre (Les vendredi 7 et samedi 8 juin à 20h)

En 1990, Joël Pommerat écrit et met en scène, à Paris, un premier texte, Le chemin de Dakar, et fonde à cette occasion la Compagnie Louis Brouillard. Depuis, le prolifique créateur a élaboré plus d’une vingtaine d’œuvres théâtrales, affinant, au fil du temps, un processus singulier. Véritable écrivain scénique, pour qui le texte ne représente que la frêle trace laissée sur du papier par le spectacle, il compose ses mises en scène au gré des improvisations avec les acteurs, conjointement ou en alternance avec le travail d’écriture. Attentif au réel, à la part de bizarrerie tapie derrière l’apparente banalité de vies ordinaires, Pommerat forge des univers scéniques troubles, où le ton réaliste peut coexister avec l’étrange ou peut soudain basculer dans le merveilleux. Qu’il explore le monde du travail (Les marchands, 2006), celui de la famille (D’une seule main, 2005), ou qu’il réinvente le conte de fées (Pinocchio, 2008 ; Cendrillon, 2011), l’artiste forge des fables à hauteur d’homme, au plus près de l’humain, de ses contradictions et de ses fragilités. À Montréal, on a pu apprécier les spectacles Cet enfant (Espace Go, 2008) et Le petit chaperon rouge (Usine C, 2008). Sa plus récente pièce, La réunification des deux Corées (2013), créée à Paris, a été présentée à Ottawa au printemps dernier.

Lauréat en 2011 du Molière de l’auteur francophone vivant, Joël Pommerat connaît aujourd’hui une renommée qui ne cesse de s’étendre, en France comme à l’étranger. Épurés, sobres, mais toujours mâtinés d’étrangeté, les univers scéniques qu’il crée frappent le cœur et l’esprit, et savent rester inoubliables.

Le Festival TransAmériques

Dernière modification : 23/05/2013

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