EMC2, pôle de compétitivité pour les matériaux avancés

Au terme d’une mission qu’il l’a conduit au Québec, Laurent Manach, Directeur Général du Pôle de compétitivité EMC2, répond à nos questions.

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Qu’est ce que le Pôle de compétitivité EMC2 ?

Labellisé par l’Etat en 2005, Le Pôle EMC2 développe et anime un écosystème d’excellence technologique en matière de mise en œuvre des matériaux avancés sur quatre marchés principaux : aéronautique, structures en mer, transport terrestre et technologies pour l’énergie. Industriels, grandes écoles et universités, laboratoires de recherche s’y rassemblent autour d’une même ambition : développer la compétitivité des entreprises de la filière mécanique/matériaux par l’innovation collaborative.

Avec des savoir-faire et des compétences reconnues comme stratégiques, EMC2 est désormais au cœur du défi de la réindustrialisation de la France grâce à la naissance de l’Institut de Recherche Technologique Jules Verne, dont il est à l’initiative. Ce nouveau centre de recherche mutualisé permettra de faire émerger des innovations dans le domaine des « Technologies avancées de production : composites, métalliques et structures hybrides » et ainsi d’offrir des avantages compétitifs de portée mondiale à l’industrie française.

Dans le cadre de la mission "Mecafuture Canada", montée en partenariat avec l’agence Ubifrance, vous avez approfondi vos contacts avec votre principal partenaire québécois, Le Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ). Quels sont l’état et les perspectives de ce partenariat ?

De longue date, le Canada fait partie de nos pays cibles. Nous pensons que nous avons matière à développer des partenariats technologiques fructueux pour des entreprises de nos deux pays, sur le thème des technologies avancées de production.

Notre première rencontre formelle avec le CRIAQ a eu lieu en décembre 2009 lors d’une précédente « mission Canada » organisée par UBIFRANCE. Une visite de Clément Fortin, Président du CRIAQ, à Nantes en juillet 2011 a été décisive : cet échange a révélé les complémentarités fortes entre nos deux structures et nous a inspiré des voies concrètes de collaboration concrétisées par la signature d’une entente en mai 2012. Elle repose sur le partage de deux éléments majeurs :

  • une même mission : réunir des acteurs de l’industrie et de la recherche autour de projets collaboratifs ;
  • une même vision : la dynamique collective qui a fonctionné au niveau régional peut être transposée au niveau transnational.

Cette collaboration nous permet d’afficher une ambition commune : grâce au fort potentiel technologique complémentaire de chaque écosystème relever des défis plus importants pour améliorer les positions compétitives internationales de tous.

Concrètement, notre objectif est d’augmenter la participation des membres du CRIAQ et du pôle EMC2 à des partenariats technologiques franco-québécois et particulièrement le nombre de PME participantes. Nous ambitionnons 3 à 4 projets sur la première année.

Opérationnellement cela se traduit par un échange de chargés de projets entre le CRIAQ et EMC2 pour faciliter l’identification des partenaires et l’accompagnement des projets.

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Les pôles de compétitivité sont devenus les fers de lance du développement des PME innovantes à l’export. Ceci est illustré localement par le fait que le Canada est le principal partenaire international de EMC2. Selon vous, est-ce que la France détient ainsi l’une des clefs de la diffusion de son savoir-faire technologique ?

En effet, l’une des vocations des Pôles de compétitivité est justement d’identifier, de consolider et de faire fructifier les savoir-faire technologiques de nos PME grâce à l’innovation collaborative. Une fois que les fondations sont solides au niveau national, il est évident qu’il faut mettre en valeur ces compétences au-delà de nos frontières : nos entreprises ont autant d’atouts que les autres. Mais le développement d’une PME se joue sur plusieurs fronts. R&D, partenariats technologiques, développement commercial, financement… tous ces leviers doivent être actionnés conjointement pour garantir une croissance harmonieuse. La diffusion du savoir-faire technologique en est certainement une des clés, mais ne peut-être la solution miracle à elle seule.

Nous sommes très vigilants à créer un environnement globalement favorable à nos PME en nous interfaçant avec d’autres acteurs et partenaires. Nous entamons par exemple un travail important sur le financement post-projet. En effet, nous constatons qu’une PME tirera les fruits de son innovation uniquement si elle a les moyens financiers de se mettre en ordre de marche aux niveaux production et commercial par exemple. C’est le défi que nous avons maintenant à relever : muter d’un écosystème de l’innovation à un écosystème de croissance.

Contacts :

Sophie Péan

Responsable Communication

sophie.pean@pole-emc2.fr

www.pole-emc2.fr / www.irt-jules-verne.fr

Dernière modification : 30/10/2012

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