Atem, l’expertise française dans la liaison coaxiale

Entretien avec Arnaud Sackda, Président et Directeur général de l’entreprise spécialisée dans la conception de liaisons coaxiales, à l’occasion de sa participation au Salon professionnel Aéromart de Montréal.

JPEGVous êtes à la tête d’une jeune PME en pointe dans un marché de niche : la conception et réalisation de liaisons coaxiales hyperfréquences. Pouvez-vous faire un peu de vulgarisation pour nos lecteurs ?

Juste une précision, la société existe depuis 1990, je l’ai rachetée en 2007 (départ à la retraite des créateurs).

L’exemple d’une liaison coaxiale ‘grand public’ est la liaison qui va de l’antenne rateau au téléviseur (pour le marché français). Au Canada, on doit retrouver des liaisons coaxiales plutôt pour les réseaux dits ‘câblés’ pour la téléphonie et la télévision. De manière générale, une liaison coaxiale permet la transmission de signaux électriques à hautes fréquences. ATEM s’est spécialisée dans l’étude et la réalisation de liaisons coaxiales hyperfréquences dans les secteurs très exigeants comme l’Aéronautique, Spatial ou la Défense. Les exemples d’applications sont les radars (civils ou militaires), les équipements de communications par satellites à bord des avions long-courriers ; dans ces deux cas, le rôle des liaisons est de transmettre les signaux hyperfréquences entre les calculateurs et les antennes émission/réception.

Vous avez participé, au sein d’une délégation conduite par l’agence Ubifrance, à Aeromart, salon professionnel des industries aéronautiques et spatiales, qui se tient en ce moment à Montréal. Quelle est l’importance de Montréal et du Québec dans le secteur aéronautique et sa capacité en matière de R&D dans ce domaine ?

Je vais écrire une généralité, mais Montréal est reconnu comme le troisième plus grand pôle aéronautique après Toulouse et Seattle.

On y trouve des maitres d’œuvre majeurs (Bell, Bombardier, CAE, Pratt&Whitney, MDA) mais aussi d’importants équipementiers (Esterline CMC Electronique, L-3 Mas, Thales Canada…).

Le Québec est également connu pour l’excellence de ses universités (McGill, Polytechnique, ETS…).

Et j’y ai trouvé des synergies fortes entre maitres d’œuvre, équipementiers, PME et universités, avec également les actions d’animation de la grappe AéroMontréal et du CRIAQ ainsi que des organismes institutionnels, d’où une R&D extrêmement dynamique.

Votre implantation au Québec est déjà en marche puisque que créez une filiale locale avec le Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ), structure pour laquelle vous vous adjoignez les services d’un volontaire international entreprise (VIE). Une PME à l’international et un VIE : est-ce la bonne formule pour un pays du type Canada ?

L’avenir nous le dira. Je suis venu 6 fois entre décembre 2011 et mars 2013, date de création de la filiale. Pendant cette période, j’ai travaillé avec les équipes de Ubifrance qui ont été un appui très important dans la découverte et compréhension du marché. J’ai également fait appel aux services d’un agent sur place, qui a une connaissance du secteur spécifique aéronautique. Parce que nous sommes sur une niche très technique du marché, nous avons eu l’opportunité d’être partenaire sur un projet R&D CRIAQ, ce qui nous a également permis d’entrer en discussion sur d’autres projets R&D. Le besoin d’un soutien technique sur place s’est alors fait ressentir. J’ai opté pour la solution VIE en recherchant un profil technique pointu (thèse en hyperfréquences). A Montréal, pas de problème entre thésard et industrie, ce qui est malheureusement loin d’être le cas en France…

Après, je ne peux pas dire si une PME et un VIE c’est la bonne formule. Il y a eu tout un cheminement avant d’arriver à cette configuration. Et nous n’en sommes qu’au début.

Le logo de votre entreprise met en avant le « made in France ». J’imagine que c’est pour vous une source de fierté. Mais est-ce aussi un gage d’excellence dans votre domaine d’activité, perçu ainsi par vos contacts à l’étranger ?

Sans parti pris politique, notre logo avait été ‘modernisé’ après que j’aie racheté la société ATEM mais bien avant la campagne lancée en France par le Gouvernement. C’était à l’époque effectivement la fierté affichée vis-à-vis de grands groupes français et européens, de dire que notre production se faisait (et se fait toujours) en France. J’y suis encore plus attaché aujourd’hui, alors que ces même groupes demandent à leurs sous-traitants et fournisseurs de réduire les coûts voire de faire de la production dans les pays low-cost (Maroc, Tunisie, pays asiatiques).

Par contre, pour nos développements à l’international, je me pose la question de conserver le slogan ‘Made in France’ : pour les pays émergents (Brésil, Inde), une production locale est quasiment obligatoire si vous voulez pénétrer les marchés. Pour le Canada, pour une meilleure réactivité et un meilleur service client, il faudra bien que j’envisage un bureau d’étude puis une unité de production en local. Il ne s’agit pas de délocalisations, mais l’enjeu est bien de s’adapter pour gagner des marchés et pérenniser les emplois en France.

Atem

Aéromart Montréal

Dernière modification : 13/05/2013

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